Roubaix, labo de la mode circulaire

18 septembre 2018

Fashion Green Days : deux jours pour passer en revue l’état des connaissances et des initiatives associées à l’économie circulaire appliquée à la mode.

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En deux jours, au sein de l’école Ensait de Roubaix, les Fashion Green Days ont proposé aux professionnels et au grand public une entrée didactique et concrète dans les enjeux et les expériences encore émergentes de la mode circulaire.

L’étendue et la complexité de cette thématique située au confluent de l’industrie, de la recherche, du marketing, de la création et de la transition écologique justifiaient amplement les quelques onze tables rondes programmées. Près de 80 marques d’éco-conception ou d’upcycling et acteurs institutionnels exposaient leurs avancées.

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Dans la lignée du rapport établi en 2017 par la fondation Ellen Mac Arthur (A New Textiles Economy: Redesigning fashion’s future) la mobilisation de tous les acteurs de la filière mode et textile était une première. La mode figure encore parmi les industries traditionnelles les plus polluantes. Mais assure Sandra Wielfaert (consultante RSE) la prise de conscience des enjeux environnementaux avance. Selon le dernier rapport de Textile Exchange, les initiatives en matière de circularité concerneraient déjà 24% des entreprises interrogées tandis que 57% indiquent avoir des actions en préparation.

La mode circulaire englobe autant les stratégies de sourcing, l’éco-conception, l’organisation de la collecte et les innovations en matière de recyclage et de réutilisation. Les interventions de l’Ademe, de l’organisme collecteur Eco-TLC ainsi que les exposés des réseaux spécialisés dans le recyclage textile (Uptex, Retex, Centexbel, Le Relais…) ont fait le point sur l’état des viviers et des contraintes encore à surmonter.

L’apport des entreprises installées ou émergentes a eu pareillement le mérite de rappeler la diversité et la complémentarité des voies d’accès dans le cercle vertueux de la mode circulaire. Des pionniers Véja (baskets éco-responsables) jusqu’au Jean 1083 en passant par les démarches industrielles impulsées par les majors de l’habillement Camaieu, C&A, Cyrillus et H&M, les exemples illustrent à chaque fois un chemin fait de contraintes nouvelles et des effets disrupteurs dans la conception même de la façon de produire et de consommer des vêtements. « L’histoire de Véja est nourrie de contraintes, cela a toujours été un moteur pour avancer et faire face à notre montée en volume », indique Caroline Guyot responsable du studio de création de la marque.

Experts en marketing et consommation ont enfin pointé la position souvent ambivalente des consommateurs davantage portés à déclarer leur intention responsable sans que cela se traduise de façon nette dans les statistiques de consommation réelle. Une manière d’indiquer l’ampleur des conversions à entreprendre pour rendre convergentes à grande échelle pulsions d’achat et sensibilités éco-responsables.