Atelier plasturgie : focus sur le polyester

01 août 2019

Retex met en place de nouveaux groupes de travail afin d’étudier les possibilités de recyclage de chutes de production et autres textiles en fin de vie en polyester en fibres ou plastiques. Le programme plasturgique privilégie trois filières : la filature, l’extrusion plastique et la production de profilés par injection.

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Cherchant à développer le recyclage de résidus industriels ou vêtements en polyester pour des applications en plasturgie ou en textile, Retex annonce la mise en place des groupes de travail dédiés. Différents types de gisements vont être étudiés avec l’ambition de créer des filières d’utilisation complètes, de l’amont à l’aval. « Nous souhaitons identifier les marchés pour ces matériaux », souligne Pierre van Trimpont de Centexbel.

Quatre groupes de travail sur des gisements en polyester

1. Résidus industriels de polyester blanc pour recyclage en filage, film ou profilés (injection).
2. Résidus industriels de polyester blanc pour recyclage mécanique en fil de tissage ou tricotage.
3. Vêtements usagés en 100% polyester.
4. Vêtements neufs de fins de séries en 100% polyester.

Essais en cours

Ce programme de recherche prend appui sur des essais en cours chez CENTEXBEL - VKC, dont les derniers développements ont été présentés lors d’un atelier Retex le 27 mars 2019.

L’obtention d’un gisement en 100% polyester implique une phase de triage de haute précision faisant appel au tri optique, souligne Daniël Verstraete, chez Centexbel en citant Fibersort ou les systèmes en cours de développement chez Imec. Il rappelle que le recyclage en fibre textile pour filature impose une fibre d’une longueur minimale de 20 mm, peu dégradée et sans enduction ni apprêt. « Il est possible de tolérer la présence de textiles mélangés, mais cela va dépendre de l’usage final des fils », note-t-il.

Après traitement mécanique (découpe, effilochage), la bourre fibreuse avec une longueur inférieure à 20 mm est compactée avant de passer à l’étape de thermogranulation qui alimentera les trois filières de la plasturgies mentionnées ci-dessus.

La rhéologie, autrement dit la viscosité, des granulats obtenus définira la seconde vie de la matière, explique-t-il. « Dans le meilleur des cas, les pellets pourront être extrudés en filaments de polyester (PES). A défaut, ils pourront être extrudés en film. Si aucune de ces deux options n’est réalisable, reste l’option de l’injection plastique (PET). Daniël Verstraete rappelle que la longueur de la fibre est moins importante dans les applications en plasturgie, mais la présence de couleur ou d’additifs peut impacter la qualité du matériau généré. L’application de chaleur lors de la thermogranulation peut altérer la couleur, Centexbel ayant vu des T-shirts de teinte orange produire des granulats verts.

« Il n’y a pas d’amélioration de la qualité chimique du matériau, le polymère peut perdre en longueur de chaîne et certaines de ses propriétés peuvent être dégradées, dont la résistance », signale Daniël Verstraete.