Retex relève le défi du recyclage textile

15 novembre 2017

Le congrès [avniR] organisé par le cd2e à Villeneuve d’Ascq, le 9 novembre 2017, a été l’occasion pour le projet Retex de lever le voile sur la portée et les challenges de l’économie circulaire dans la filière textile. De la collecte des déchets aux pratiques de consommation, l’initiative euro-régionale se déploie sur de multiples fronts.

Le congrès [avniR] a permis aux responsables du projet eurorégional Retex de livrer un état des lieux de l’économie circulaire en matière textile et d’exposer ses avancées les plus prometteuses.

A l’échelle de l’eurorégion Hauts-de-France, Wallonie et Flandres dans laquelle s’inscrit le projet, le volume annuel de vêtements collectés atteindra 150 000 tonnes en 2020. La moitié pourra être recyclée. Soit un gisement conséquent de 75 000 tonnes qui encourage à l’optimisation du recyclage des déchets et au soutien à l’éco-conception.

La feuille de route de Retex présentée par Jeanne Meillier, chef de file du projet, est ambitieuse : créer de nouvelles activités et opportunités de marché, réduire les déchets, notamment coton et polyester, développer de nouveaux modèles d’éco-conception. Ce travail collaboratif dispose de plusieurs outils : une plateforme web, des missions de sensibilisation et une veille identifiant les modèles économiques durables. Comme l’explique Marc Haquette consultant au cd2e et partenaire du projet, cela revient « à réunir les acteurs, les ressources et les compétences sur des zones d’intérêts partagés ».

Côté offre de matières recyclées, il s’agit de cerner au plus près les besoins en matières recyclées et de fournir à la filière les produits de première transformation attendus dans des volumes suffisants. Outre les opérations de sensibilisation, le programme s’emploie à collecter méthodiquement les données relatives aux achats de matières premières de la profession et à l’état des déchets.

La présentation des principales méthodes de recyclage (filières mécanique et chimique) délivrée par Daniël Verstraetee de Centexbel montre que les contraintes à lever pour rapprocher efficacement l’offre et la demande ne sont pas sous-estimées. Selon Alain Claudot, responsable de l’organisme collecteur Eco-TLC, les leviers de la valorisation des déchets sont à la fois techniques, économiques, commerciaux et psychologiques. Les matières collectées sont majoritairement composées de fibres mélangées. Le délissage des points durs reste difficile. Les qualités requises (homogénéité, couleur, etc.) appellent des processus performants et sur le marché, la concurrence avec les fibres vierges reste âpre. Valoriser les bénéfices sociaux et environnementaux de ces produits aidera à les faire adopter notamment par les marchés les plus sensibles au glamour. Le succès rencontré par l’engagement de la marque Cyrillus dans l’économie circulaire en atteste.  En trois ans, le groupe a systématisé une collecte en magasin, développé des lignes de produits (T-shirt et pulls) et de packaging en activant des partenariats stratégiques avec des industriels (Filature du Parc, Malterre, Tissages de Charlieu…). Selon Laurent Puskarczyk, en charge de ce projet, la marque se donne à présent pour ambition de « développer 20% de produits éco-responsables d’ici 2020 et mobilise à cette fin tous ses acheteurs pour constituer une base globale de sourcing de matières régénérées ».

A une échelle plus modeste, Jean-Luc Theate responsable de l’entreprise d’éco-conception Design Point souligne également l’attirance des consommateurs pour des produits qui donnent du sens à leur acte d’achat.

Panel

Dans cette voie, l’enrichissement annoncé de la base de données des cycles de vie (base Impact) de l’Ademe est très attendu. Celle-ci intégrera en 2018 neuf catégories de textiles au terme du projet ICVTEX porté par Eco-TLC. « Plus personne aujourd’hui n’achète un frigo sans regarder sa consommation énergétique, résume Daniël Verstraete de Centexbel, introduire des textiles équipés d’un affichage identique c’est agir sur le curseur qui va permettre de faire évoluer le marché. » Les gagnants de l’opération ? Un consommateur plus averti et des distributeurs mieux outillés pour valoriser leur démarche vertueuse. 

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